Thème
Horreur | Gore
Nombre de joueurs
2 à 6 joueurs
Niveau
Intermédiaire
Immersion
👌 Parfait
Prix
25 à 50€/joueur
Langues
Anglais, Espagnol, Français
20 %
Fouille
50 %
Manipulation
30 %
Réflexion

Basée près de Bastille, l’enseigne parisienne Hell Out est spécialisée dans les escape games d’horreur. Elle a été fondée à l’été 2020 par l’un des cerveaux de You Have Sixty Minutes et de son célèbre cannibale, qui fait partie des expériences les plus terrorisantes de la capitale. « L'hôtel Sedaine : l'exploration interdite » ne déroge pas à cette règle et démontre une nouvelle fois le savoir-faire de son créateur en matière d’expérience horrifique, dans un genre néanmoins assez différent : cette fois vous ne serez plus les joujoux d’un sanguinaire tueur aux apparitions rares mais terrifiantes, mais les proies d’un spectre maléfique qui ne vous lâchera jamais d’une semelle…

Sachez toutefois que deux options de jeu sont disponibles : un mode « mystère, sans acteur et aucune peur » ; ou un mode « horreur, expérience plus intense avec davantage d’interactions », celui que nous avons découvert dans un grand élan de m̷a̷s̷o̷c̷h̷i̷s̷m̷e̷  bravoure.

L’aventure de Hell Out se déroule au sein de ce qui fut l’hôtel Sedaine, nom faisant référence à la rue où il est localisé. Parce qu’il serait hanté, cet ex-établissement hôtelier a été abandonné dans les années 1980. Un coup d'œil à sa porte d’entrée suffit à donner envie de fuir : des rubans rouges « scellé ne pas ouvrir » scotchent un document jauni par le temps évoquant la « découverte de corps » et des « homicides multiples »…

À noter que jusqu’en juin 2022, mois où nous l’avons testée, cette room n’a cessé d’évoluer – mécanismes, énigmes et effets y ont été progressivement modifiés et ajoutés. Il est donc possible que l’expérience que nous décrivons ci-dessous ne reflète pas tout à fait celle que vous avez vécue si vous l'avez jouée plus tôt.

Le scénario

« Construit en 1879, le bâtiment dans lequel fut implanté l’hôtel de la rue Sedaine est très ancien et chargé d’histoire. Plusieurs fois rénovés, les lieux ont peu à peu pris une allure de manoir. Les bâtiments sont abandonnés depuis 1985 et ont été laissés en état par les précédents propriétaires. Ce lieu tenu secret est connu dans le milieu des explorateurs urbains… Il se dit que l’endroit serait hanté. »

Tels de naïfs personnages de slasher movie, nous nous lançons donc dans une séance d’urbex la fleur au fusil, sans aucun matos et dans un sous-sol qui fait froid dans le dos. Notre contact sur place se prénomme Mathieu ; lui aussi est adepte d’exploration urbaine, il a déjà repéré les lieux et nous guidera sur place. Ou pas… Cette rencontre et l’événement imprévu qu’elle introduit nous plonge sans aucun préambule dans une grande tension. Tout est fait pour que l’inquiétude nous envahisse immédiatement, ce qui fonctionne à merveille.

Un cache-cache spectral à la fois tétanisant et fun

Cette immersion intense est justement l’une des caractéristiques principales de « L'hôtel Sedaine : l'exploration interdite ». Elle tient dans la durée sans jamais faiblir, prouesse avant tout due à la performance du game master alias… la créature de l’enfer ! Notre GM était assez bluffant, présent partout à la fois, là où on l’attend comme là où on ne l’attend pas, faisant preuve d’une rapidité de déplacement folle. Au fil des minutes, notre partie s’est ainsi transformée en une sorte de jeu de cour d’école flippant à mi-chemin entre un cache-cache et un trap-trap, interrompu par des jump scares très fréquents. Comptez en outre sur cet hôte pour pousser chacun des membres de l’équipe à faire preuve de courage…

Le résultat est paradoxalement à la fois tétanisant et fun, à condition d’une part de ne pas céder à la panique, et d’autre part d’accepter le fait d’être très brièvement touché par un inconnu – il nous semble important de le préciser pour éviter toutes mauvaises surprises.

Un autre facteur favorise cette immersion parfaite : les décors et l’atmosphère creepy qu’ils instaurent. Les différentes pièces de l’hôtel, volontairement vieillottes, semblent véritablement à l’abandon, comme si elles avaient été figées dans les années 1980. Hell Out a cependant un peu trop pris cette expression au pied de la lettre… Quelques objets ont en effet été fixés sur des étagères ou bureaux pour ne pas qu’on les bouge ou transporte, ce que l’on trouve dommage car cela amoindrit tous les efforts effectués par ailleurs pour que l’endroit soit le plus réaliste possible.

Dompter des machines pour fuir le danger

Bien sûr, ces décors à eux seuls ne suffisent pas forcément à donner la frousse. En revanche, l’obscurité, elle, peut aider… En plus d’une inquiétante bande-son qui viendra couvrir vos cris d’effroi, la salle est en grande majorité plongée dans un noir quasi complet, parfois seulement éclairée d’une faible lueur vacillante… Tout est fait pour que l’on perde ses repères et soit vulnérable. Cette obscurité, qui risque d’inconforter particulièrement celles et ceux qui ont une mauvaise vue, est d’ailleurs à double tranchant : lorsque le game master jouera avec vos nerfs en vous privant de lumière à des moments cruciaux, alors que vous serez en train d’essayer de résoudre une énigme ou de lire un document, vous pourrez éventuellement ressentir un peu de frustration et avoir la sensation d’être bloqué artificiellement.

Mention spéciale pour l’exploitation scénographique de l’une des pièces, qui a été très soignée et pourra donner lieu à des séquences particulièrement cinématographiques typiques des films d’horreur.

Les casse-têtes de « L'hôtel Sedaine : l'exploration interdite » sont globalement satisfaisants et variés. Assez dense, le jeu est largement composé de manipulations ; il ne compte d’ailleurs qu’un seul cadenas. Vous devrez faire preuve de jugeote pour déverrouiller des accès avec les moyens du bord et dompter quelques machines assez cool, tout cela dans un seul but : fuir le danger ! Si ces passages-là sont assez bien intégrés à l’intrigue, on trouve également des énigmes un peu plus WTF étant donné le contexte. Dans un environnement calme et apaisé, la room de Hell Out serait une promenade de santé pour les habitués des escape games, mais l’extrême tension qui règne rebat bien sûr les cartes.

Cerveaux en panique

Petit bémol : quelques mécanismes manquent selon nous de feedback, c’est-à-dire qu’on ne sait pas toujours si la manipulation que l’on a effectuée a fonctionné ni ce qu’elle a activé. Nous avons ainsi connu quelques légers moments de flottement, pendant lesquels le maître du jeu s’est senti obligé d’intervenir afin de nous réaiguiller.

« L'hôtel Sedaine : l'exploration interdite » est une aventure complète puisque le storytelling n’a pas été oublié et qu’une intrigue se dévoile – il se murmure qu’un second épisode viendra répondre à quelques interrogations en suspens… Les informations nécessaires à sa compréhension sont parfois répétées sur différents supports, ce qui est un bon point car un cerveau en panique n'est pas forcément capable de retenir quoi que ce soit.

Hell Out aborde ici la thématique horrifique à travers un prisme qui n’avait encore jamais été exploité à Paris : l’enseigne a choisi la formule hôtel abandonné supplément spectre vénère. Omniprésente, cette entité malveillante ne vous laissera aucune seconde de répit et mettra régulièrement votre témérité à l’épreuve… Vous rêvez de jouer au chat et à la souris avec un revenant ? Votre souhait est à quelques clics de se réaliser dans ce film d’horreur grandeur nature. Inutile de préciser quel rôle vous incarnerez…

Découvrez le teaser de la salle « L'hôtel Sedaine : l'exploration interdite » :

Mélanie Vives par Mélanie Vives

Avis de la communauté : 91% de satisfaction

139 joueurs ont donné un avis sur ce scénario et 141 joueurs l'ont ajouté à leur todo-list.

 Histoire et cohérence du scénario
9.1/10
 Décors et immersion
9.6/10
 Qualité des énigmes
8.2/10
 Fun
9.6/10
 Accueil et game mastering
9.3/10