Escape GameParisCinevasionPanique à ToonCity

Panique à ToonCity
84% satisfaction

35% Fouille
30% Manipulation
35% Réflexion
  • Thème
    Enquête | Explorateur
  • Niveau
    Intermédiaire
  • Immersion
    👍 Très bien
  • Prix
    23 - 32€/joueur
  • Nombre de joueurs
    3 à 6 joueurs

Cinevasion a ouvert en décembre 2019 dans le 15e arrondissement de Paris, tout près de la station de métro Falguière. En vous baladant dans les couloirs de l’enseigne, vos yeux se poseront inévitablement sur des affiches de longs-métrages, de vieilles revues de cinéma, des bobines… Une porte cache même une salle de projection privatisable, une super idée.

L’établissement a été créé par des passionnés du septième art qui ont naturellement choisi de s’inspirer d’univers de films pour chacune de leurs rooms. « Cauchemar en chambre 7 » explore le genre de l’horreur, « Le voyage intérieur » celui de la science-fiction. Quant à « Panique à ToonCity », sujet de cet article, il projette les joueurs dans un dessin-animé. Un thème très original.

Le scénario

« Panique à ToonCity, série de dessins animés à succès, est diffusée depuis près de 20 ans sur Channel 10. Mais confrontée à la baisse d’audience, la direction de la chaîne a décidé de mettre fin au programme, au désespoir d’Elmer Gantry, son producteur. Celui-ci obtient de la chaîne une dernière émission dont vous serez les invités d’honneur ! Une chance unique pour vous ? À vous de voir… »

Dans le monde farceur et coloré des toons

En tant qu’invités d’honneur, nous avons l’immense privilège de passer de l’autre côté de l’écran et de fouler le monde farceur des toons ! Nous entrons dans une pièce très colorée remplie de références à l’univers cartoon en général et à certains personnages en particulier. Avant de refermer la porte, notre game master nous annonce dans quel lieu nous venons de pénétrer. Pas évident de le comprendre sans cette précision, d’autant que quelques imposants éléments viennent brouiller les pistes. Aidées par l’absence totale de cadenas, les énigmes ne sautent pas aux yeux et se fondent assez bien dans le décor, ce qui est toujours un plus. Une entraînante et guillerette bande-son rythme nos découvertes. L’immersion est globalement soignée et très bonne.

Cette première pièce nous fait immédiatement bonne impression et insuffle un esprit joyeux au sein de notre équipe. Nous n’avons qu’une envie : observer de plus près tous ces intrigants objets qui habillent la salle et inspecter les moindres recoins. Et ça tombe bien car le jeu débute par une longue phase de fouille. Il y en aura globalement pas mal au cours de la partie. Une poignée d’éléments sont d’ailleurs fourbement cachés, ce qui est selon nous dommage car cela peut casser la fluidité du jeu.

Verre à moitié vide ou à moitié plein ?

Si l’on voit le verre à moitié vide, on peut souligner que quelques étapes de « Panique à ToonCity » mériteraient d’être fignolées, toujours dans un souci de fluidité. On pense à la fouille un poil vicieuse évoquée plus haut donc, mais aussi à un lien entre deux éléments qui pourrait être renforcé, ou encore à un mécanisme sur lequel beaucoup de joueurs galèrent et que notre game master, de son propre aveu, arrive à faire fonctionner une fois sur deux. Les créateurs ont imaginé une parade et il n’est ainsi plus nécessaire d’effectuer cette manipulation pour remplir la mission, mais ce n’est pas clair et, comme nous, certains pourront y perdre temps et patience… Une énigme vous demandera aussi un minimum de culture générale, ce dont nous ne sommes jamais très fan – révisez vos toons ! Enfin, un casse-tête mériterait un feedback une fois résolu, pour que les joueurs puissent comprendre immédiatement qu’ils ont déclenché l’ouverture d’un élément.

Si l’on voit le verre à moitié plein, on peut en revanche écrire que le jeu compte des passages très amusants, qu’il propose des manipulations qui sortent de l’ordinaire et qu’il est parsemé de notes d’humour bien vues, des gags que l’on associe immédiatement à l’univers cartoon. L’escape game de Cinevasion repose globalement sur d’excellentes bases et recèle un gros potentiel.

« Ça cartoon » et la madeleine de Proust

Ne cherchez pas de sens dans les actions que vous effectuerez et les casse-têtes que vous résoudrez. Dans ce genre d’univers déjantés propres aux cartoons, il n’y en a pas souvent, nous n’avons par conséquent pas trouvé cela dérangeant.

Votre maître du jeu interviendra si nécessaire par le biais d’un écran dissimulé dans les décors. Il n’incarne malheureusement pas de personnage, il s’agira simplement d’une aide divine et bienvenue sur laquelle vous pourrez compter.

Parce qu’elle multiplie les clins d’œil aux dessin-animés de Warner Bros. Pictures, les Bugs Bunny, Daffy Duck, Taz, Woody Woodpecker et autres Tom et Jerry, cette salle devrait agir comme une madeleine de Proust et plaire tout particulièrement à celles et ceux qui ne loupaient aucun épisode de « Ça cartoon ».