Escape GameParisKairos EscapeScandale à l’Élysée

Scandale à l’Élysée
66% satisfaction

40% Fouille
35% Manipulation
25% Réflexion
  • Thème
    Enquête | Explorateur
  • Niveau
    Pour débuter
  • Immersion
    Assez bien
  • Prix
    25 - 32€/joueur
  • Nombre de joueurs
    3 à 6 joueurs

En ce mois de janvier 2020, nous avons rendez-vous à Kairos Escape dans le 11e arrondissement de Paris. Chaque salle de cette enseigne d’escape game installée près de la place de la Bastille est une invitation à voyager dans le temps. Chaque salle… ou presque. Car avec « Scandale à l’Élysée », Kairos Escape fait une entorse à son principe fondateur. Cette room ouverte depuis novembre 2019 propose en effet aux joueurs de mener l’enquête sur… Emmanuel Macron, et ce sans changer d’espace-temps.

Les scénarios abordant des thématiques politiques sont rares dans le monde de l’escape game. Trop rébarbatif ? Pas assez fun ni dépaysant ? Kairos Escape a choisi de prendre ces risques en accueillant la création d’un auteur médiatique dont l’actualité politique est le domaine de prédilection : Guillaume Meurice. Chaque jour, l’humoriste se sert de cette matière première pour faire rire sur les ondes de Radio France et sur scène. Arrivera-t-il à en faire de même dans un escape game ? Ses traits d’esprit satiriques rendront-ils le jeu amusant et drôle ?

Pour imaginer « Scandale à l’Élysée », Meurice a travaillé avec une collègue de la « maison ronde », Alicia Vullo, qui n’en est pas à son coup d’essai en matière de jeux d’évasion car elle avait été à l’initiative de la salle « Le studio ». Cette très bonne room était jouable dans les locaux de Radio France de décembre 2017 à juillet 2018, et c’est en la découvrant que Guillaume Meurice a eu l’idée de créer un escape game politique.

Le scénario

« Menez l’enquête dans les secrets de la République. Devenez journaliste d’investigation et tentez de révéler au grand jour la vérité inavouable du chef de l’État ! Un document très compromettant pour Emmanuel Macron traîne dans le bureau caché des présidents de la République. Dans ce lieu qui a traversé les âges et les intrigues du pouvoir, faites preuve d’audace et de discernement pour la trouver avant l’intervention des forces spéciales. C’est votre projeeeeeeet !!! »

Dans le teaser vidéo, affiché en bas de cette page, Meurice annonce : « J’ai quelque chose à vous révéler qui va faire péter la République française. De Rugy et ses homards à côté, c’est de la merde ; Benalla, c’est T’choupi à la plage. » Emmanuel Macron cacherait un inavouable secret. Mais l’humoriste s’étant fait kidnapper avant d’avoir pu dévoiler son scoop, c’est à nous, journalistes d’investigation, de le déterrer…

« Sarkozy n’a rien caché au-dessus d’1,70 m »

Pour cela, direction non pas le sacro-saint bureau présidentiel mais une sorte d’officine dissimulée, un repaire secret par lequel tous les chefs d’État français sont passés. Comme l’a justement fait remarquer l’une de nos équipières avant d’entrer dans la salle, « Sarkozy n’y a rien caché au-dessus d’1,70 m, pas de doute là-dessus ». Notre complice se charge d’éloigner les Macron et leurs gardes du corps pendant une heure, à nous de jouer.

« Chaque jour, Guillaume Meurice se sert de l’actualité politique pour faire rire sur les ondes de Radio France et sur scène. Arrivera-t-il à en faire de même dans un escape game ? » demandions-nous plus haut. Le défi était de taille et la réponse est oui. C’est incontestablement le point fort de cette room. Elle fourmille de blagues satiriques et d’allusions caustiques à l’actu politique, qui la plupart du temps servent au jeu et feront sourire celles et ceux qui suivent un minimum le quotidien des hommes qui nous gouvernent. L’atmosphère est chargée de ces clins d’œil malicieux et impertinents caractérisant l’humour de Meurice qui, on le sent, a pris plaisir à les imaginer. « On a sans cesse plein d’idées de conneries à ajouter. Le plus difficile, c’est de trouver le juste milieu, de ne pas en mettre trop pour ne pas que ce soit pris pour des fausses pistes », nous confiait-il à l’issue du test. De ce point de vue-là nous n’avons relevé aucun problème : le jeu étant assez guidé, on parvient facilement à faire le tri entre ce qui est utile et ce qui n’est là que pour faire rire.

Des archives politiques collectors

Si les décors sont banals et manquent par ailleurs de finitions, ils n’en sont pas moins remplis d’objets, d’affiches et de livres, autant d’archives collectors retraçant l’histoire des présidents de la Ve République, de géniales pépites souvent bien kitsches qu’on a adoré (re)voir et commenter. Dans cet univers qui ne se prend pas au sérieux et vise à amuser le joueur plutôt qu’à le plonger au cœur d’une mise en scène réaliste, dommage qu’aucune ambiance sonore ne soit proposée : une playlist des hits du RPR, de l’UMP ou encore du PS était par exemple tout indiquée.

Les énigmes de « Scandale à l’Élysée » sont un échantillon assez représentatif de ce que l’on pouvait trouver dans les escape games lorsqu’ils ont débarqué en France, en 2013-2014. Les casse-têtes sont thématisés mais jamais intégrés au sein du scénario, et les liens entre les différents objets se font quelquefois par défaut : « Nous avons tel et tel élément à notre disposition, rien ne les relie logiquement mais nous devons sans doute les faire interagir, comment procéder ? »

Le jeu ne compte que deux cadenas et il est linéaire. Une énigme vous demandera de la culture générale, ce dont nous ne sommes jamais très fans même si, dans ce cas précis, vous pourrez facilement tâtonner pour trouver la solution grâce à un judicieux système de feedback. Paradoxalement, pas mal d’autres casse-têtes manquent de feedback, ce qui peut nuire à la fluidité de la partie. Comment savoir si vous avez résolu une énigme quand rien, ni visuellement ni auditivement, ne vous le fait comprendre ? Et si vous l’avez bel et bien résolue, comment savoir ce que vous avez alors déclenché ? Notre aventure a ainsi été jalonnée de moments de flottement peu agréables car ils cassent le rythme du jeu.

Les droits d’auteur reversés à la lutte contre la corruption

À une ou deux exceptions près, les casse-têtes sont classiques et ne surprendront pas les habitués de jeux d’évasion. Il faudra plutôt compter sur les interventions rafraîchissantes de votre game master, pleines d’humour bien senti, et sur un rebondissement scénaristique intéressant pour vous étonner. Car oui, Macron a bien un secret à cacher, un lourd secret qui, s’il est révélé, bouleversera la vie des pensionnaires de l’Élysée… Il n’est pas impossible qu’un changement d’ambiance survienne lorsque vous toucherez au but. Un revirement de situation certes peu crédible étant donné le lieu où l’on est censé se trouver, mais encore une fois plonger les joueurs dans un monde réaliste n’est pas l’objectif de la mission, qui laisse avant tout libre cours à l’imagination et aux délires des créateurs.

Nous conseillons avant tout cet escape game aux férus de politique, qui prendront plaisir à exhumer tous les easter eggs dissimulés dans les décors, ainsi qu’aux fans de Guillaume Meurice.

À noter que les droits d’auteur générés par l’exploitation de cette salle sont intégralement reversés à Anticor, association qui promeut l’éthique en politique, qui lutte contre la corruption et la fraude fiscale.

Découvrez le teaser vidéo de « Scandale à l’Élysée » :