Escape GameParisPhobiaAlice

Alice
92% satisfaction

15% Fouille
45% Manipulation
40% Réflexion
  • Thème
    Contes | Romans
  • Niveaux au choix
    Intermédiaire, Difficile
  • Immersion
    👌 Parfait
  • Prix
    20 - 40€/joueur
  • Nombre de joueurs
    3 à 5 joueurs

Installée dans le 13e arrondissement de Paris depuis avril 2017, l’enseigne d’escape game Phobia compte d’excellentes rooms qui combleront les joueurs en quête de magie, d’horreur ou d’histoire de l’art.

En octobre 2019, l’établissement a ajouté une nouvelle corde à son arc en ouvrant la dernière salle de son local : « Alice ». Cet escape game, qui vous plongera dans le pays des merveilles de Lewis Carroll, est la plus dépaysante des aventures de Phobia. Féérique, poétique, elle fait partie des rooms qui proposent les plus jolis décors à Paris. Il n’y a qu’à jeter un œil aux magnifiques photos promotionnelles, prises à l’intérieur de la pièce…

Le scénario

« Alice a franchi l’autre côté du miroir.
L’orgueilleux roi noir s’est emparé du pouvoir,
Il règne dans la peur, son âme est sans pitié.
Pour le contrer joignez vite le chapelier.

Aux pays des merveilles vous allez pénétrer,
Le terrier du lapin vous devrez emprunter.
Veillez à ne pas être en retard, en retard,
Pour ses habitants il sera bientôt trop tard.

Il vous faudra trouver durant votre aventure
De valeureux héros au cœur honnête et pur.
Ne vous laissez pas distraire par le narguilé
Car toutes vos idées vous devrez conserver !

Lorsque vous n’entendez plus les oiseaux chanter,
Suivez le chat, il sera là pour vous guider.
Après avoir avalé le doux champignon,
Mangé vous aurez, grandi vous serez. Hâtons ! »

Propulser votre imaginaire le plus loin possible

Pour son ultime salle, Phobia a donc mis le paquet sur les décors et la mise en scène. Vous serez immergé à 360° dans un merveilleux monde enchanté, verdoyant et coloré. Un monde enchanté, certes, mais sur lequel plane une mystérieuse menace symbolisée par l’éclairage légèrement tamisé qui sublime l’ensemble. Les pièces que vous traverserez sont habillées avec de nombreuses matières différentes et offrent beaucoup de jolis détails qui ne servent pas forcément aux énigmes : ils sont un moyen pour l’enseigne de vous immerger au maximum et de propulser votre imaginaire le plus loin possible.

La résolution des énigmes est ponctuée d’effets spéciaux la plupart du temps visuels – mais pas que – et très esthétiques, de spectaculaires micro interludes qui agissent comme des récompenses et peuvent motiver à eux seuls le fait de se creuser les méninges.

L’ambiance sonore mêle bruitages et musique contemporaine très rythmée. Vous entendrez de célèbres morceaux de rock notamment, ce qui peut être très surprenant au vu du contexte. À l’instar de Sofia Coppola avec la BO pop de son film d’époque « Marie-Antoinette » par exemple, Phobia revisite le roman britannique du XIXe siècle à sa manière et le dépoussière. Un parti-pris agréable à vivre, qui stimule les joueurs et donne du peps à l’aventure. À noter que les créateurs ont pris soin de justifier cette dissonance dans un contexte narratif cohérent.

À la rencontre des compagnons d’Alice

L’agencement des lieux et le parcours des joueurs dans la salle sont eux aussi intéressants et originaux. Ils rappellent finalement le cheminement de la petite Alice, qui va et vient dans le pays des merveilles au gré des aliments qu’elle engloutit et des rencontres qu’elle fait.

Et des rencontres, vous en ferez vous aussi ! Le roman de Lewis Carroll regorge de personnages plus pittoresques les uns que les autres, qui font aujourd’hui partis de la culture collective et que vous connaissez forcément au moins de nom. Ces personnages vous attendent et, comme dans l’histoire originelle, chacun a une personnalité propre. Certains sont très bavards, vous êtes prévenu !
C’est d’ailleurs l’un des célèbres protagonistes d’Alice au pays des merveilles qui donnera de la voix pour vous guider si nécessaire. Vous pourrez lui demander un indice en appuyant sur un bouton si vous le souhaitez, mais il pourra également intervenir de lui-même s’il estime que vous en avez besoin.

Grâce à ces personnages qui jalonnent le jeu, aux décors aboutis et aux jolis accessoires que vous aurez l’occasion de manipuler, se glisser dans la peau d’Alice est un jeu d’enfant : l’immersion est parfaite.

Un jeu dense qui repose sur des énigmes de logique

Si cet escape game est le plus beau des cinq proposés par Phobia, c’est aussi le plus difficile. Pas évident de profiter au maximum de tous les détails listés plus haut lorsque l’on a quatre énigmes sur le feu à résoudre en parallèle ! Le jeu est non linéaire et très dense. Nous vous conseillons de former une équipe de quatre – pas davantage car certaines pièces sont assez étroites – et de vous répartir les tâches dès que possible.

Le jeu est difficile parce qu’il est dense, donc, mais aussi parce que pas mal d’énigmes reposent sur des casse-têtes de logique qui demandent de la réflexion. Pour en venir à bout, il faudra impérativement réussir à se concentrer. Ces jeux diviseront peut-être, on adore ou on trouve ça scolaire pour schématiser. Force est de constater d’une part que ces énigmes sont finement construites, équilibrées et jamais ambiguës, si bien qu’avec de la méthode elles sont résolvables sans trop de prise de tête. D’autre part, même si on reconnaît les grandes familles d’énigmes pas toujours originales sur lesquelles elles sont calquées, elles sont enrobées au sein de manipulations qui sortent de l’ordinaire, très agréables à effectuer et parfaitement intégrées aux décors.
Le jeu dans son ensemble est abouti et maîtrisé, ce qui le rend très fluide du début à la fin.

Un univers allégorique, sans queue ni tête

Phobia vous demandera de choisir parmi deux niveaux de difficulté : « intermédiaire » ou « confirmé ». Non seulement les game masters ont la possibilité d’ajuster la complexité de quelques énigmes lors du rangement de la salle, mais en plus, les créateurs ont imaginé un ingénieux dispositif dont peuvent disposer les groupes qui le souhaitent. Il s’agit d’un système grâce auquel les équipes décident, en temps réel et en autonomie, si elles veulent être guidées sur tel ou tel casse-tête pour faciliter sa résolution.

Comme l’annonce le scénario officiel, votre mission sera de vaincre l’orgueilleux roi noir qui s’est emparé du pouvoir. Les énigmes que vous résoudrez et actions que vous effectuerez ne dessineront pas une intrigue claire. Difficile en effet de saisir ce que l’on fait et pourquoi on le fait… C’est un reproche que l’on formule régulièrement dans nos reviews. Or ici, paradoxalement, ce « défaut » s’intègre parfaitement à l’univers fou et sans queue ni tête d’Alice, qui, dans le roman, papillonne au gré du vent et rend d’improbables services à ceux qu’elle croise sans trop se poser de questions. Votre parcours dans la room sera à cette image, c’est-à-dire très allégorique, jusqu’à la grande bataille finale livrée contre le souverain illégitime que vous devrez débouter.

Un dernier conseil : veillez à ne pas faire comme le lapin blanc et à ne pas être en retard, en retard…