Escape GameParisQuest FactoryCannibal Island

Cannibal Island
93% satisfaction

30% Fouille
40% Manipulation
30% Réflexion
  • Thème
    Enquête | Explorateur
  • Niveau
    Intermédiaire
  • Immersion
    👏 Excellent
  • Prix
    20 - 40€/joueur
  • Nombre de joueurs
    3 à 5 joueurs

Dans la première room de Quest Factory, « Opération Balkans », nous avions incarné des agents des services secrets français en mission dans les années 1980, époque Lycra fluo et Minitel…

Pour la deuxième, l’enseigne d’escape game ouverte depuis février 2018 dans le 10e arrondissement de Paris a décidé de changer radicalement d’atmosphère. L’ambiance s’y fait beaucoup plus inquiétante, la zone explorée plus exotique : bienvenue sur la petite île du Pacifique que l’on surnomme… Cannibal Island ! *court se cacher sous une table*

Le scénario

« Une légende vieille de plusieurs siècles raconte l’histoire d’un sorcier cannibale. Il aurait caché un fabuleux trésor au cœur d’un sanctuaire sur une île perdue du Pacifique. Après des années de recherches, le célèbre archéologue Marc Haulabois l’a enfin localisée. Au lieu de ruines, il y trouve un sanctuaire préservé où la magie noire est omniprésente. Et s’il y avait encore des adeptes du sorcier ? Marc Haulabois réalise que des rituels protègent l’accès au trésor. Il décide de recruter une équipe d’aventuriers résolus à courir tous les risques pour l’aider à s’en emparer. Êtes-vous prêt ? Attention, invoquer des forces maléfiques n’est pas sans danger… »

« Cannibal Island » est un escape game fun et abouti, maîtrisé de la première à la dernière seconde.

Quest Factory vous réserve une fois de plus une introduction réussie. Pour agrémenter les toutes premières minutes, l’enseigne reprend les mêmes ingrédients que dans « Opération Balkans » : on découvre ainsi une sorte de sas thématisé dont le but est d’amorcer l’immersion. S’en suivent un briefing court et vivant ainsi qu’une dynamique mise en place dans la salle, au cours desquels on retrouve l’une des marques de fabrique de l’établissement : l’humour espiègle ! Thématique cannibale oblige, cet humour sera forcément un peu brusque et bourru. Quelques sursauts de surprise et un rebondissement plus tard, nous voici dans le vif du sujet, le repas jeu commence…

Rien d’horrifique mais… beaucoup d’audace

Nous classons cet escape game dans la catégorie « Enquête | Explorateur » et non « Horreur | Paranormal » car, contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, il ne propose rien d’horrifique. Certes, l’enseigne a habillé son espace de jeu avec quelques accessoires très réalistes qui pourront perturber les plus sensibles, certes elle prendra un malin plaisir à vous faire sursauter à quelques reprises, mais hormis cela rien ne fait réellement peur (parole de poules mouillées). Quest Factory ne souhaite pas vous faire flipper, préférant vous inquiéter juste ce qu’il faut, histoire que vous restiez sur vos gardes, à l’affût du danger.

Vous voilà donc dans la peau d’un Indiana Jones courageux mais prudent, en quête de trésors. Pour vous immerger dans ce rôle, les créateurs ont déployé un très joli décor, se risquant notamment à représenter une luxuriante jungle. Il n’est jamais facile de reproduire de telles scènes extérieures de manière crédible, mais l’enseigne, aidée par la grande hauteur sous plafond dont elle dispose, s’en sort très bien. Les objets que vous utiliserez sont tout aussi soignés et réussis.

Si l’enseigne ne cherche pas à vous faire trop peur, c’est qu’elle préfère que vous vous concentriez sur les énigmes qu’elle a imaginées pour vous. Et il serait dommage de se priver de deux d’entre elles en particulier, deux idées qu’on n’avait jamais vues aussi abouties après plus de 500 salles testées. Ces deux interactions avec le décor valent à elles seules le déplacement : elles sont géniales, parfaitement réalisées, très amusantes voire drôles car presque cartoonesques. L’une des deux, très bien mise en scène, place dans les mains des équipes un « outil » qui donnerait des sueurs froides à de nombreux gérants d’escape game. Quest Factory ose et son audace est payante, l’enseigne offre un moment mémorable à ses joueurs !

Un toboggan de fun

Le reste du jeu présente des énigmes pas toujours très originales mais globalement très intuitives et elles s’enchaînent donc bien. Avec un peu d’expérience, il vous sera possible de terminer la mission sans indices. Pas de fouille difficile, pas de raisonnement trop complexe, un jeu équilibré et varié, un bon rythme : un vrai toboggan de fun !

Vous ne trouverez aucune notion de temps dans la salle. Tout est fait pour que vous profitiez du jeu sans pression… autre que l’éventuelle perspective de vous faire coincer par les cannibales au détour d’un cocotier, bien sûr.

« Cannibal Island » ne renferme qu’un seul cadenas. Quelques étapes sont collaboratives, pour le plus grand bonheur des joueurs, et notamment au début de la partie. Le jeu est linéaire, autrement dit on vous déconseille de venir en trop grand nombre car vous prendriez le risque que l’un ou plusieurs d’entre vous soient spectateurs plutôt qu’acteurs. Quatre aventuriers suffiront.

Cet escape game déroule une histoire que vous ne comprendrez peut-être pas entièrement en jouant car rien n’est clairement explicité. Mais les différents espaces qui composent le décor parlent d’eux-mêmes, vous serez donc toujours en mesure de comprendre où vous vous trouvez.

Une seule petite ombre au tableau selon nous, le mode de game mastering, qui n’est pas intégré au scénario. Votre maître du jeu interviendra si nécessaire par le biais de haut-parleurs disséminés dans la room, telle une voix divine. Dans « Opération Balkans », Quest Factory avait pris soin de justifier ce système d’aide au sein de l’intrigue, ce qui n’est pas ici le cas. Un talkie-walkie aurait sans doute été plus pertinent au vu du contexte. Mais le charme de cette aventure, et de cette enseigne en général, c’est aussi le petit ton malicieux du maître du jeu, faisant régulièrement preuve d’humour et dont les indices, délivrés dans le bon tempo, sont toujours assez subtils, aiguillant les joueurs sans trop les aider. Bref, pas vraiment de quoi se plaindre…