Escape game

L'alchimiste

Thème
Fantastique | Magie
Nombre de joueurs
2 à 6 joueurs
Niveau
Intermédiaire
Immersion
👏 Excellent
Prix
29 à 55€/joueur
20 %
Fouille
50 %
Manipulation
30 %
Réflexion

Le Donjon a pris possession d’un immense bâtiment à deux pas de la place de la République, dans un quartier qui fut l’un des QG de l’ordre des Templiers. Pour mieux le réintégrer à ce contexte historique, les créateurs ont donné à ce local une seconde vieillesse : exit le parking bétonné sans âme, place à des sous-sols pierreux moyenâgeux aux lumières tamisées. Toujours très solennels, les décors mis en œuvre par l’établissement parisien imposent le respect.

À juste titre, puisque dans « L'alchimiste », que nous avons testé en mars 2024, nous voilà chargées d’une exceptionnelle mission : façonner la mythique pierre philosophale pour le com(p)te d’un personnage commun à tous les escape games du Donjon et dont il est possible de découvrir une facette dans chacune des salles de l’enseigne : Jacques de Molay.

Le scénario

« Vous répondez à un inconnu se présentant comme un maître alchimiste, praticien de cet art occulte dont l’objectif est de créer la pierre philosophale. Il vous propose de vous en apprendre plus sur ces techniques secrètes en échange de votre aide. »

Les pouvoirs de la pierre philosophale

« L’échange aura lieu dans son atelier, où se mêleront expériences chimiques et spéculations mystiques afin de ramener à la vie une personne qui lui est chère », continue le scénario de « L'alchimiste », qui est directement lié à celui des « Amants maudits » : dans ce dernier, le comte de Molay était victime d’une malédiction depuis le décès de sa bien-aimée ; dans l’aventure qui nous intéresse aujourd’hui, l’homme espère utiliser les infinis pouvoirs de la pierre philosophale pour la ramener à la vie… 

La room « L'alchimiste » est dotée de quelques solides points forts qui font d’elle une excellente expérience :

  • Ses décors pour commencer. Bois, pierre et métal règnent en maître dans cet atelier assez bas de plafond, une caractéristique qui vient renforcer la nature secrète du projet de Jacques de Molay. À peine entré, on a hâte de se frotter à l’élément central de la pièce, un imposant four hors d’âge autour duquel tout l’espace est distribué.
  • Sa belle scénographie. L’enseigne nous avait déjà laissé entrevoir son savoir-faire dans « L'immortel » et « Les amants maudits », qu’elle confirme ici : les designers du Donjon ont le sens de l’esthétique, ce qu’ils démontrent dès la première énigme. Effets sonores et lumineux cadencent la partie de manière habile.
  • Ses casse-têtes denses et aboutis, guidés mais pas trop. Les esprits les plus organisés prendront plaisir à suivre une à une les étapes de fabrication de la pierre philosophale. Résultat : ce jeu linéaire, majoritairement composé de manipulations et qui compte peu de fouille, est très satisfaisant, très fluide et rythmé. Ses différentes séquences sont entrecoupées de bandes sonores de grande qualité, qui prennent la forme de monologues délivrés par une captivante voix de conteur, celle de l’incontournable doubleur Frédéric Souterelle. En revanche, « L'alchimiste » n’est pas une salle narrative : elle ne développe aucune histoire, ce qui ne manque pas étant donné la teneur de la mission.

Décalages déroutants

Si l’immersion est selon nous parfaite au premier abord sur le plan de la scénographie et des décors, dès que l’on se penche sur les détails quelques défauts apparaissent :

  • Même si on s’amuse beaucoup et que les jalons scénaristiques sont parfaitement intelligibles, Le Donjon a du mal à nous faire croire que l’on est en train de créer l’invention ultime. La raison principale est sans doute que les actions que l’on effectue sont finalement très anecdotiques. On actionne des interrupteurs, on appuie sur des boutons... Lorsqu’on pense à la pierre philosophale, on imagine plutôt des potions vaporeuses, des transformations minéralogiques, des incantations ésotériques…
  • Dans cette même veine, il manque sans doute un clou du spectacle final : un mécanisme wahou ou un effet spécial marquant aurait permis d’apporter une dimension supplémentaire et de la crédibilité à l’aventure. À ce sujet, la pierre philosophale que vous tiendrez en main une fois l’objectif accompli est passe-partout, elle ne ressemble malheureusement en rien à ce que l’on imagine d’un si précieux artefact.
  • Enfin, à l’image des spots lumineux qui éclairent les pièces, certains mécanismes dénotent, donnant l’impression d’être trop modernes au vu de l’époque à laquelle « L'alchimiste » essaie de nous plonger. Un autre décalage déroutant que celui de ce personnage rencontré lors de la partie – une très bonne idée sur le papier ! – qui prend une décision invraisemblable, ce qui atténue là aussi l’immersion.

Avec « L'alchimiste », Le Donjon rompt ses habitudes : jusqu’ici surtout plébiscitée pour ses décors et ses mécanismes exigeant des actions simples, l’enseigne parisienne livre une expérience davantage placée sous le signe des énigmes et de la réflexion. Force est de constater qu’à ce petit jeu, ses têtes pensantes s’en sortent tout aussi bien.

Découvrez le teaser vidéo de la salle « L'alchimiste » :

Mélanie Vives par Mélanie Vives

Avis de la communauté : 93% de satisfaction

163 joueurs ont donné un avis sur ce scénario et 115 joueurs l'ont ajouté à leur todo-list.

 Histoire et cohérence du scénario
9.4/10
 Décors et immersion
9.8/10
 Qualité des énigmes
9.1/10
 Fun
9.4/10
 Accueil et game mastering
9.2/10