Escape GameLacanauTête ChercheuseÔ rage, ô désespoir

Ô rage, ô désespoir

50% Fouille
25% Manipulation
25% Réflexion
  • Thème
    Bombe
  • Niveau
    Intermédiaire
  • Immersion
    👏 Excellent
  • Prix
    20 - 25€/joueur
  • Nombre de joueurs
    4 à 6 joueurs

Tête Chercheuse est une enseigne d’escape game qui a vu le jour à Lacanau, en Gironde, en mars 2017. Située à près d’une heure de route au nord-ouest de Bordeaux, la ville, qui s’anime essentiellement en saison estivale, est bien connue des amateurs de plage et de glisse.

Nous avons eu l’occasion de tester les trois salles de l’établissement en septembre 2019. Au programme :

  • Une room spécialement conçue pour les groupes de deux ou trois joueurs : « Pixel » ;
  • Deux autres réservées aux équipes de quatre à six aventuriers : « Le testament » et « Ô rage, ô désespoir ».

Dans « Ô rage, ô désespoir », la France entière est en proie à la panique. À nous d’intervenir avant qu’une catastrophe ne se produise.

Le scénario

« Agents de la DGSI, la France a besoin de vous ! Mr Flamel, illustre inventeur canaulais décédé il y a une dizaine d’années, a en effet créé un éplucheur de patates détonnant. Sa petite fille a découvert que cette invention peut se transformer en bombe ultra puissante si elle est trop chargée en énergie électrique. Et c’est la catastrophe ! L’orage du siècle s’annonce dans moins d’une heure, et 99% de malchance que la foudre tombe droit sur sa demeure… Nous avons déjà envoyé des agents, mais sans nouvelles d’eux, nous comptons nous vous ! »

Nous voici devant la porte de l’appartement de monsieur Flamel. Le briefing de mission semble millimétré : la fondatrice de Tête Chercheuse enchaîne les bons mots pour nous expliquer avec humour dans quelle mouise nous nous trouvons. Nos objectifs prennent progressivement forme : nous devons infiltrer le domicile de l’inventeur, localiser son révolutionnaire éplucheur de patates alias le déneutronisator convexe à densité variable – mais vous pouvez aussi l’appeler Patator, c’est plus simple ! – et le désactiver au plus vite.

Y a-t-il des amateurs de fouille dans la salle ?

« Ô rage, ô désespoir » ravira les amateurs de fouille. Cette composante de l’escape game sera clairement le fil rouge de votre partie. Il vous faudra redoubler de minutie, tout observer et passer vos mains partout à la recherche d’éléments utiles. Abondante, cette fouille n’en reste pas moins intelligemment dosée : la plupart du temps, Tête Chercheuse n’a rien planqué dans des endroits saugrenus, souvent vous saurez exactement ce que vous cherchez, et parfois même vous saurez dans quelle direction orienter vos recherches – ce qui ne veut pas pour autant dire que cela sera facile !

Mention spéciale pour le décor, ou plutôt pour LES décors, car une rupture nette surviendra en cours d’aventure, délimitée par un original agencement des lieux. Cette impression de découvrir deux rooms en une est notamment ce qui fait le charme de « Ô rage, ô désespoir ». Les décors sont très détaillés, soignés et crédibles, a fortiori dans la seconde partie de la mission, qui dévoile un effet spécial parfaitement réalisé et d’autant plus marquant qu’il est habilement intégré à l’une des énigmes.

Un jeu maîtrisé du début à la fin

Le jeu s’articule lui aussi en deux temps complémentaires : très mécanique pour le premier, très électronique pour le second. Notez que la room ne compte qu’un seul cadenas, et que deux casse-têtes nécessitent forcément de collaborer entre équipiers, ce que l’on apprécie toujours.

Avec « Ô rage, ô désespoir », Tête Chercheuse propose un jeu sans fausse note, maîtrisé du début à la fin. Même l’intégration des énigmes au scénario a été réfléchi : tout fait sens et toutes les actions sont justifiées au sein de l’intrigue, autrement dit on ne vit pas les casse-têtes comme des prétextes au divertissement.

Alors, que nous a-t-il manqué pour considérer cet escape game comme parfait ? Le léger hic, c’est que l’invention de monsieur Flamel, que vous ne pourrez pas louper tellement elle est lumineuse et tape à l’œil, est ici malheureusement cantonné à un élément de décor. Vous manipulerez une infime partie de cet engin, mais finalement pas grand-chose, trop peu, et cette manipulation n’aura aucun effet sur la machine elle-même. En résumé, nous aurions aimé interagir avec ce fabuleux Patator, qui est certes au centre du scénario mais jamais vraiment au cœur du jeu.